Usage responsable

À qui je vends relève d'une décision, et je la prends moi-même.

Un logiciel vendu à des services de police mérite une page qui dit où sont les limites. Celle-ci est écrite à la première personne parce qu'il n'y a personne d'autre derrière qui s'abriter, et parce qu'une politique que personne n'a personnellement assumée n'est pas une politique.

Pourquoi cette page existe

Le secteur a mérité la question.

La criminalistique numérique a un problème de réputation, et elle l'a mérité. Des produits vendus comme outils d'enquête ont été retrouvés sur les téléphones de journalistes, d'avocats et d'opposants politiques, et les entreprises concernées se sont en général découvert une politique après la publication de l'affaire plutôt qu'avant.

Je ne vais pas prétendre que VERA échappe à cette histoire parce qu'il est petit ou européen. Quiconque évalue ce logiciel doit pouvoir lire ce que je ferai et ne ferai pas, juger si c'est crédible, et me le rappeler ensuite. C'est tout l'objet de cette page.

La distinction qui compte

C'est un logiciel de criminalistique, pas un logiciel de surveillance.

VERA lit une extraction qui existe déjà, prélevée sur un appareil déjà entre les mains d'un enquêteur, saisi sous une autorité légale accordée avant même que le logiciel ne soit ouvert. Il n'extrait pas un appareil, il ne contourne ni verrouillage ni chiffrement, et il n'a aucune capacité d'acquisition.

Il ne peut pas intercepter une communication. Il ne peut pas atteindre un appareil par le réseau. Il ne peut pas être pointé sur une personne. Chacun de ces points est une propriété dure de ce qu'est le logiciel, et non un réglage que quelqu'un pourrait modifier, ce qui place VERA dans une catégorie matériellement différente des produits qui ont fait les gros titres.

Cette distinction limite les usages détournés possibles. Elle ne les supprime pas, parce qu'une saisie légale peut elle-même être un instrument de répression, et parce qu'un outil qui accélère l'analyse accélère aussi la mauvaise analyse. C'est une raison d'être attentif à qui achète, pas une raison d'arrêter de s'en soucier.

Accélérer l'exploitation des preuves n'est pas neutre. C'est utile à un service qui fait son travail correctement, et utile à un service qui fait autre chose.

La ligne

À qui je vends et à qui je ne vends pas.

La première liste est le plancher légal et ne constitue pas un engagement, puisque c'est simplement la loi. La seconde liste est l'endroit où la décision se prend réellement.

Vendu à

  • Des autorités publiques menant des enquêtes pénales sous contrôle judiciaire ou sous un contrôle indépendant équivalent.
  • Des laboratoires de criminalistique nationaux et régionaux au service de ces autorités.
  • Des services de poursuite et des juridictions, lorsqu'ils disposent de leur propre capacité d'exploitation.
  • Des établissements d'enseignement et de formation en criminalistique numérique, sur données synthétiques.

Non vendu à

  • Toute juridiction ou entité visée par des mesures restrictives de l'Union européenne ou de la France.
  • Les sociétés de renseignement privé, les cabinets d'investigation d'entreprise et les courtiers en données.
  • Les unités dont la mission est la surveillance de journalistes, d'avocats, de défenseurs des droits ou de l'opposition politique.
  • Tout acheteur qui refuse de me dire à quoi le logiciel servira, ou qui le veut sans démonstration et sans questions.

Comment la décision se prend

Il n'y a pas de réseau de distribution, donc pas de faille dedans.

Voici le fait concret qui rend le reste de cette page vérifiable. VERA n'a ni revendeur, ni distributeur, ni partenaire de distribution. Aucun intégrateur ne peut le glisser dans une offre groupée et aucun agent régional ne vend en mon nom. Chaque déploiement existant est né d'une conversation que j'ai eue personnellement, et il n'existe aucune voie par laquelle ce logiciel atteindrait un acheteur que je n'ai pas accepté.

Ce n'est pas un mérite moral, c'est une conséquence d'être seul. Mais c'est une propriété structurelle réelle, et elle vaut davantage qu'un document de politique interne, parce que l'échec habituel dans ce secteur n'est pas une politique écrite qui dit la mauvaise chose. C'est une politique écrite qu'un réseau de distribution contourne discrètement.

Je m'attends aussi à refuser des ventes parfaitement légales. Qu'une licence soit licite à accorder est le début de l'évaluation et non sa fin, et si le seul argument en faveur d'une vente est que rien ne l'interdit, ce n'est pas un argument que je compte accepter.

Là où je suis faillible

Ce que je ne peux pas voir, et que je ne prétendrai pas voir.

VERA n'a aucune télémétrie. Il n'établit aucune connexion sortante, ne remonte rien, et je n'ai accès à aucun déploiement. C'est la bonne conception pour un client dont les éléments de preuve ne doivent jamais quitter le bâtiment, et je ne la changerais pas.

Cela signifie aussi que je ne peux pas observer ce qu'un client fait. Une fois le logiciel installé dans un réseau fermé, je n'ai aucun moyen technique de savoir sur quelles affaires il sert, ni aucun moyen de l'éteindre à distance. Un éditeur dans cette position qui vous garantit l'usage en aval fait tourner une télémétrie qu'il n'a pas mentionnée, ou surestime ce qu'il contrôle.

Ma position honnête est donc la suivante. Je contrôle à qui je vends, et je le contrôle entièrement parce qu'il n'y a pas de réseau. Je ne contrôle pas ce qui se passe ensuite, et je ne vais pas présenter une clause contractuelle comme s'il s'agissait d'un contrôle technique. Ce que je peux faire, c'est refuser la vente suivante, et dire publiquement pourquoi.

L'autre moitié de la responsabilité

Dans le dossier, le même principe s'applique.

L'usage responsable ne se limite pas à savoir qui détient la licence. Il porte aussi sur ce que le logiciel encourage un analyste à faire une fois qu'il l'a, et c'est là que se situe l'essentiel du risque quotidien.

VERA est conçu pour qu'aucune sortie n'entre dans un rapport sans qu'un humain ait contrôlé la source. Chaque affirmation de l'assistant porte le fichier, la table et la ligne exacts qui la fondent, et la vérification tient en un clic. Une couverture générée n'est jamais appliquée à une affaire tant qu'un analyste n'a pas examiné un aperçu sur les données réelles et ne l'a pas accepté. Les enregistrements récupérés sont signalés comme tels, pour qu'une ligne carvée ne soit jamais prise pour une ligne vivante.

Ce sont des décisions de conception prises parce qu'un outil qui facilite le contournement de la vérification finira par être utilisé ainsi, quelle que soit la qualité du manuel.

Si quelque chose ne va pas

Dites-le-moi, et publiquement si vous préférez.

Si vous pensez que VERA est utilisé d'une manière que cette page exclut, écrivez-moi à alexandre@veraforensics.com. Je répondrai, et si l'inquiétude est fondée je le dirai ici plutôt qu'à vous seul.

Si vous estimez qu'un engagement de cette page est trop faible, ou trop vague pour valoir quelque chose, cela vaut aussi la peine de m'écrire. Cette page est faite pour m'être opposée. Elle ne sert pas à grand-chose si elle ne peut pas l'être.

Alexandre Ansart

Ossire · alexandre@veraforensics.com

Posez les questions difficiles pendant la démonstration.

La séance dure trente minutes et il n'y a pas de script. Si les questions auxquelles vous voulez des réponses sont celles de cette page plutôt que celles sur les fonctionnalités, c'est un meilleur usage du temps.

Chaque demande est examinée avant tout accès.